Être maman est devenu mon quotidien depuis plus de 5 ans maintenant. C’est comme si c’etait arrivé hier, et en même temps, c’est comme si j’avais toujours été maman.

Être maman, je le vis le jour, la nuit. Tous les jours que Dieu Fait depuis le 30 avril qui a changé ma vie, je suis une maman. C’est donc une routine bien établie pourrait-on penser, Et c’est souvent vrai. Je connais par coeur les gestes à faire tous les matins, du réveil à l’habillage, en passant par le trajet de l’école. Je sais que Monmonstre est assez grand pour s’attacher en voiture seul mais qu’il faut fermer la porte derrière lui. Je sais que Monstrinette négociera d’office 10 min au moins pour emporter son doudou à l’école. Je sais aussi la rassurer pour qu’elle parte ” comme une grande ” sans le dit-doudou .

Je connais aussi par coeur la ronde de leurs comportements. Que Monstrinette aura besoin d’aller coucher bien plus tôt que Monmonstre  , et que la fatigue se fera ressentir dés 17h30, Pendant que Monmonstre pêtera la forme et aura du mal à s’endormir une fois le soir venu.

Je connais leurs goûts alimentaires, comment leurs faire plaisir en leurs préparant tel ou tel repas. Je sais que Monmonstre ne mangera QUE les carottes dans le couscous et Combien Monstrinette raffole de mon risotto.

Le soir, je connais par coeur le rituel de chacun, très différent. Combien Monmonstre tient à son massage des pieds et que Monstrinette ne dormira que la lampe allumée.

Je sais décrypter leurs visages quand ils sont heureux, tristes, fâchés,contents, fatigués, excités. Je les connais par coeur ou presque, c’est moi qui les ai fait .

Et pourtant.

Il n’existe pas un jour sans que je doute . Sans que je me demande si je fais bien, ou pas. Si je suis une bonne mère.

Il n’existe pas un jour sans que je fasses des erreurs, sans que je me trouve nulle comme maman dans telle ou telle situation . Sans que je me dise que je me suis trop vite énervée dans cette situation, trop laxiste dans une autre, trop ceci ou trop cela.

Il n’existe pas un jour sans que je me pose des questions sur ma position de maman, sur l’éducation que je tente de leur donner, sur l’exemple de famille qu’on leur propose papa débordé et moi.

Peut-être est-ce là simplement des élucubrations d’une maman débordée un peu trop parano sur les bords et au milieu. Ou peut-être est-ce là le lot de toutes les mamans ?

En fait je ne sais pas, parce que bizarrement, c’est le genre de choses que les mamans ne partagent pas trop, même entres elles, ou seulement parfois,  lors d’une soirée entre copines, tard le soir alors que  le Mojito coule un peu trop . Ou alors, On en parle tout bas, d’un air un peu gêné à sa mère, sa tante ou sa grand-mère, comme un aveu de faiblesse .

Mais dehors, on en parle pas. Peut-être parce que la société nous renvoie tellement de modèles de femmes-mères parfaites qu’on se sentirait honteuse d’avouer que l’on doute. Ou peut-être que l’on s’enferme bêtement dans un silence dont le seul gardien est notre peur de nous montrer telle que nous sommes aux yeux des autres, de peur d’être jugée par nos paires.

Je ne sais pas trop en fait .

Ce que je sais, c’est que je fais de mon mieux. Que je les aime comme ils sont avec ce que je suis. Que je les vois, que je me vois, et que je tente avec tout ça de faire quelque chose de bien . Pas quelque chose de parfait non, parce que je ne le suis pas, et eux non plus en fait, juste quelque chose d’assez bien pour qu’ils soient épanouis et bien dans leur peau , et moi aussi .

Et tout compte fait, en vous écrivant, je me dis que tenter de faire ça, c’est déjà pas mal.

 

( en fait, peut-être que douter, c’est normal ? )

 

 

Tatiana