Je pensais naïvement que la vie ne me surprendrais plus. Je croyais que plus tu avançais dans la trentaine, plus ta vie te désenchantait. Qu’il fallait juste se taire et porter sa croix.

Alors j’ai fait comme tout le monde. Je me suis mordue les lèvres et j’ai continué à avancer malgré tout, contre vents et marées, pour ne pas qu’arrive l’inévitable. Je me suis battue de toutes mes forces pour garder un semblant de cohérence. Par amour fou, par peur, par égoïsme. Mais ce que je n’avais pas compris, c’est que tout était déjà fini depuis longtemps. Que le bonheur auquel j’avais rêvé de construire et finalement goûté quelques temps depuis mes 16 ans n’existait plus, qu’il avait claqué la porte à grands coups d’incompréhension, de mots difficiles à entendre, d’aveux qui te brulent le coeur, de regards qui te font perdre l’âme, de chemins pris séparément, de reproches, de fossés qui se creusent et d’envie d’ailleurs mélangée à la nostalgie d’avant, de l’ inscousiance perdue qui ne reviendrait jamais. On avait pourtant essayé.

Voila ce que m’avait apporté mes 30 ans. Amer constat finalement. Mais où était passé tout ce qui avait fait de nous un couple, des amants, des parents, tout ce qui nous avait fait nous aimer tellement ?

Alors j’ai fait comme les autres, j’ai continué à avancer, en me disant que la vie était comme ça, que les autres avaient leurs ombres au tableau, leurs cadavres dans les placards, leurs secrets et qu’ils n’avaient pas l’air si malheureux pour autant. J’ai été les autres, qui en rient, en jouent, se taisent ou en plaisantent, font de leurs faiblesses une force, une arme de séduction même, du moins aux yeux des autres, quand la lumiere est allumée . pas malheureuse finalement, mais incroyablement terre à terre et résignée. J’avais fini de rêver.

Je me suis alors nourrie d’autres bonheurs. de petits moments pour ma famille, mes enfants, de sourires, de rires , d’ idees sans lendemain, de travail, d’autres plaisirs aussi, bien égoïstes finalement alors qu’à ce moment là j’étais persuadée de le faire pour nous.

et puis il y a eu l’asphyxie, le déni, les grandes décisions à prendre, la tête qui explose, la terre qui tremble et l’évidence.

Le bonheur était parti, mais m’a promis qu’il reviendrait.

Et le bonheur n’a pas menti. il est revenu. rapidement, instantanément presque. Dans l’oreille attentive et bienveillante de certains proches, dans l’aide apportée, dans les portes qui s’ouvrent en même temps que celles qui se ferment. Dans le renoncement de la tête et l’ouverture du coeur. Dans le sourire des enfants, dans des rires, des sorties entres amis, en famille.

Et puis dans l’amour. Dans un regard qui te fait fondre malgré toi et tes grands principes à la con, dans un rire tellement fort qu’il brise toutes tes barrières, dans un sourire tellement beau qu’il te donne envie d’y croire de nouveau.

Le bonheur a frappé à ma porte de nouveau. Alors j’y ai beaucoup réfléchi et en même temps pas tellement, et puis j’ai dit oui . oui à la vie, oui à l’amour.

Vous l’aurez donc compris, j’ai un homme dans ma vie. un homme merveilleux qui a osé aller gratter plus loin que ma carapace, que ma grande gueule et mon caractère bien trempé pour me voir telle que j’étais vraiment.

On s’ est rencontré par hasard, dans un endroit où je n’ aurais jamais dû me trouver mais surtout où il était impératif que je sois. Un peu comme si l’univers tout entier avait comploté pour que l’ on se rencontre.

On s’ est vu et c’ est comme si on s’ était reconnu, comme si une energie incroyable s’ emparait de nous et nous revelait l’ un à l’ autre.

Alors on y a beaucoup réfléchi et en même temps pas tellement, parce que même si nos têtes se sont posées 1000 et 1 questions, nos coeurs savaient deja. Et apres un été passé ensemble, nous construisons désormais jour après jour une nouvelle vie. Une nouvelle vie à 2 et une nouvelle vie à 6. Une nouvelle vie de famille recomposée, lui, moi, ma marmaille et la sienne. Et depuis on ne se quitte plus.

Alors en effet il y a de la vie, du bordel, des cris, des rires, de la joie et puis de l’amour. Par kilo, par tonnes même.

Le bonheur est là aujourd’hui. À 2, et à 6. Il n’ est pas le même qu’ avant, n’ a pas ce goût d’insouciance de mes 16 ans, n’ a plus l’ envie idéaliste de reussir là où nos parents avaient échoués, ni la naïveté de la vingtenaire que j’étais mais il a l’ assurance, la détermination et le lacher- prise de la trentenaire que je suis aujourd’hui mélangé avec l’ apprentissage des leçons du passé. Et surtout il a le goût incroyable de l’amour qui te pousse à être meilleure.

Je croyais naivement que la vie ne me surprendrais plus. Pourtant elle a mis sur mon chemin un homme incroyable qui rend mes matins tellement joyeux, mes après-midi tellement belles et mes soirées tellement incroyables que je rêve de nouveau à des lendemains sans fin.

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Tatiana