Je me souviens tellement bien de cette phrase que ma mère me disait alors que j’ avais à peine 20 ans :

 

Comme je voudrais avoir ton âge et savoir tout ce que je sais !

 

Et bordel, comment cette phrase m’ a agacée, énervée et fait rire à la fois. Je trouvais cela si idiot !!!!

Parce qu’à 20 ans, je croyais tout savoir. Je voyais ma vie comme tracée telle une ligne droite devant moi. C’ est normal, j’étais encore jeune, bête, et en même temps je croyais avoir beaucoup vécu déja.

En fait, j’étais un vrai bébé.

J’avais des idees bien préconçues de la vie, du couple, de la vie de famille, de la place de la femme et de la mienne sur cette terre.Et surtout, je ne voulais absolument pas faire comme mes parents, eux et leur contre exemple parfait de reussite familiale.

Je voulais fonder une famille, faire des enfants et surtout faire mieux qu’ eux. C’etait bien vaniteux, mais à cet âge, finalement, peut-on en vouloir aux enfants de vouloir faire mieux que leurs prédécesseurs?

Comme tout le monde, il y a eu des projets. Les projets communs à beaucoup de gens, Le truc de la maison à la barrière blanche et du labrador dans le jardin.

Pas d’extravagances, pas de folies. Juste une envie de vie bien tracée aux petits bouts d’éternité.

C’était peut-être un peu là le soucis de mon moi de 20 ans, de refuser de faire transparaître l’être fou et loufoque qui sommeillait en moi et qui voulait sortir, afin de correspondre à quelque chose que je n’étais pas. De refuser de vivre sous pretexte que l’ on croit avoir deja trop vu de la vie.Je n’avais en fait rien vu, rien vécu.

Je me suis refusée l’idée de faire des erreurs et surtout l’idée d’ apprendre de celles- ci. Je me suis engouffrée, contre vents et marées dans un sillage créé de toutes pieces par ma personne afin de me protéger de la vie. Parce que j’avais peur de me retrouver là ou j’ en suis aujourd’hui. Exactement à ce moment et cet endroit.

Ce moment où justement tu apprends et tu comprends pourquoi ta mère te disais :

comme je voudrais avoir ton âge et savoir tout ce que je sais.

Alors aujourd’hui que l’ on est justement là où l’ on ne voulait pas être à 20 ans, que l’ on est pile devant ce que l’on cherchait à éviter à tout prix, on fait quoi ?

Et bien on ne fait rien. Enfin si, on vit ! et surtout on lâche – prise.

Accepter ce qui est, le regarder, apprendre et avancer. Jour après jour, heure après heure et surtout profiter de l’ instant présent.

Parce que c’ est là qu’est le plus précieux, le plus beau et le plus lumineux des apprentissages que la vie puisse nous donner, l’ instant présent et l’ importance qu’on lui donne, si court et finalement si long, si peu tangible et d’ autant plus merveilleux que cet instant-là. Et parce que c’ est en lui que se révélera la vraie clef du bonheur.

Alors maintenant je sais. Je sais que je ne sais rien et finalement cela me rend plus légère, et la vie est bien plus simple à décrypter. Parce qu’ en fait, il n’ y a rien à projeter mais tout à vivre.

Parce que oui, j’ aurais peut- être dû plus écouter ma maman mais que finalement je ne dois rien regretter et que c’est aussi grâce ( et pas à cause ) de cela que j’en suis là ou j’en suis aujourd’hui. Que je dois apprendre à me pardonner et accepter que la vie est imparfaite et que c’ est ce qui la rend belle.

Que rien est immuable et que le changement te rend meilleur.

Qu’ il est inutile de forcer les choses et que les choses arrivent quand et si elles doivent arriver, peu importe l’énergie que tu mets pour qu’elle arrivent ou justement pour qu’elles n’arrivent pas.

Et surtout qu’ il faut vivre. Intensement. Car c’ est en acceptant la vie que le meilleur t’attend.

Tatiana