Le miroir est certainement l’un des pires jugements qu’il puisse être fait à une femme. Non pas Parce que ce qu’ il reflète notre corps un peu trop distendu d’avoir fait des enfants, notre visage fatigué d’avoir à avoir accumulé trop de nuits blanches ou nos cheveux ébouriffés, non. Ce que nous renvoie ce miroir, c’ est le reflet de nous-même.

Il nous met face à la réalité de notre vie et ces combats constants qu’elle nous demande de mener, nos victoires et nos défaites, nos coups de génie et nos fausses bonnes idées ainsi que la façon dont on a de les assumer ou de les enfuir au plus profond de nous-même et ainsi faire comme si cela n’ avait jamais existé, ne fut-ce que l’espace d’un instant.

Ces derniers temps, le miroir et moi vivons une relation conflictuelle, principalement parce qu’il reflète un visage plus marqué qu’il y a quelques mois. J’y vois la femme qui a rit, la femme qui a pleuré et qui a dû prendre des décisions difficiles ces dernières années qui ont impactés toute sa vie. Mais j’y vois surtout une femme qui vit.

A 34 ans, mon visage porte désormais les traces du putain de bordel qu’ est mon passage sur cette terre. Parfois je suis fière de mon parcours de vie et de la façon dont je trouve toujours un moyen de rebondir tout en gardant à l’esprit la réalité et mes envies de femme, parfois je voudrais me défaire de ces marques du temps et de ces problèmes constants. Alors je fuis les miroirs, je me coupe les cheveux, je maquille un peu plus mes lèvres afin que la couleur prenne le pas sur cette réalité épidermique. Et je les regarde à nouveau dans le miroir. Moi, mes rides et mon parcours, me posant trop de questions sur mon passé et mon avenir, en oubliant certainement de vivre au présent. Je me dis que je suis peut-être simplement un peu fatiguée d’avoir l’impression de vivre à l’intérieur d’un épisode à la con d’amour, gloire et beauté.

Alors j’hésite entre investir dans une crème anti-âge miracle ou finir sous le bistouri d’un gommeur de signe exterieur de coup de la vie, mais l’état risible de mon compte en banque me rappelle à l’ordre. Je me contenterai donc pour l’instant de remettre du rouge sur mes lèvres et me dire que finalement c’est peut être ça être adulte : se prendre des coups dans la tronche et avancer quand même.

Tatiana