Il y a de cela une semaine ou deux, des amis sont venus nous rendre visite. Des amis assez proches, avec qui nous partageons un goût commun pour l’humour second degré et notre situation familiale, c’est à dire un statut de famille recomposée.

Comme presque à chaque fois que nous les voyons, nous échangeons sur notre vie, nos bonheurs et nos galères de famille nombreuse dont tous les enfants ne sont pas des mêmes parents.

Entre nos explications second degré de cette vie de famille en mode patchwork et les situations décalées que nous pouvons vivre au quotidien, une question importante nous est venue à l’esprit:

Doit-on considérer ses beaux-enfants comme ses propres enfants?

Ou le peut-on? Serait-ce une obligation ou une interdiction de faire ou ne pas faire de différence entre la chair de ta chair et la chair de la personne que tu aimes? C’est une question qui divise et qui peut faire réagir. Parce que ces enfants qui ne sont pas les tiens, tu t’en occupes au quotidien. Tu prépares leurs affaires, tu leur fais à manger, tu laves leurs vêtements, tu leur fais le calin du soir et finalement, tu les éduques un peu quand même. Comme s’ils étaient les tiens. Ou presque. Ou pas. Et c’est, que tu le veuilles ou non une place de figure parentale que tu tiens dans cette famille reconstituée.

Mais où est la limite? Ou est la frontière entre ceux qui t’appellent maman et ceux qui t’appellent par ton prénom.

Cela fait à peu près une semaine que je réfléchis à cette question inutilement indispensable, et finalement, j’en ai conclu qu’il n’y avait pas de réponses à cette question. Parce qu’être un beau-parent n’est pas un statut en soi, mais une relation qui se construit, selon les limites, les caractères et les envies de chacun. Tout comme être un parent.

Il y a des belles-mères que l’on déteste, d’autres que l’on aime bien, d’autres encore que l’on adore et qui finissent, au fil des années, par être une deuxième maman. Des beaux-pères distants et d’autres tellement gâteaux que les enfants courent leur faire des câlins dans le divan. Dans cette relation, il faut être deux. L’enfant et le beau-parent. Et celle-ci se construit rapidement parfois, et d’autres fois il faut l’apprivoiser chaque jour un peu plus.

C’est une question de choix et d’envie, mais surtout d’investissement et de lâcher-prise. Parce que non, ce ne sont pas NOS enfants. Mais OUI, ils font partie de notre famille de façon intégrante. Oui, ils vont nous rendre complètement folle, oui, ils vont nous détester parfois. Et d’autres fois, ils nous trouveront cool et drôle. Comme nos propres enfants, tout en sachant que ce ne sont pas vraiment les nôtres.

Etre un beau-parent, finalement, est une tâche qui peut sembler ingrate. On est pas le parent, mais pour que cela se passe bien il faut agir comme si cela l’était, en silence et sans aucune autre reconnaissance qu’un sourire ou un câlin offert ponctuellement.

Ici, après plusieurs mois de vie commune à 6 une semaine sur deux, après avoir fait une tonne d’essais et au moins autant d’erreurs, nous avons pris le pli de ne pas faire de différences entre nos enfants biologiques et ceux qui nous étaient donné d’éduquer, d’être là pour tous les enfants, sans distinction biologique. C’est un choix qui peut s’avérer étrange ou risqué, ou même bizarre pour certaines personnes, mais nous avons fait le choix d’être une famille tous ensemble. Une famille où tous participent, où tous partagent le quotidien, les routines et les charges autant que les bons moments. Je ne sais pas si c’est finalement la bonne solution, mais il est important pour nous d’agir comme une famille et non pas comme deux familles vivants sous le même toit. Et pour l’instant cela marque plutôt très bien<;

Personne ne connait la recette miracle des familles recomposées qui fonctionnent, où est la limite exacte mais une chose est certaine, pour que cela marche, il faut que chacun ait sa place. Et c’est bien ça le plus grand défi des familles recomposées.

Tatiana