Elle est vive et douce à la fois. Drôle et touchante. Adorable et intense. Si petite encore, mais aujourd’hui si grande à mes yeux de maman.

Elle est belle, vive et intrépide comme sa soeur, intelligente et têtue comme son frère, et plus manipulatrice que ces deux merveilleux enfants réunis. Elle joue de son petit monde et arrive à retourner toutes les situations à son avantage. Elle arrive à faire pratiquement tout ce qu’elle veut des trois grands qui vivent avec elle. Et puis elle a mes yeux. Ce regard brun profond doté d’une lumière qui lui est propre, qui en dit long et qui vous perce à jour.

De mes trois enfants, elle est celle pour qui mon coeur se serre encore un peu plus au moment de la séparation du vendredi sur deux. Non pas parce que je l’aime plus que les autres, nous savons tous que le coeur d’une mère est infini. Mais c’est comme ça. Cela tient certainement du fait qu’elle soit la plus petite, celle avec qui je n’avais pas totalement coupé le cordon.

Ou peut-être est-ce parce qu’elle a partagé avec moi les émotions les plus fortes et peut-être les plus douloureuses que j’ai pu vivre dans ma vie de femme et de mère. Elle est la seule a avoir ressenti la brisure de mon coeur, littéralement cassé en mille morceaux lorsque, enceinte de quelques semaines, j’ai été rattrapé par la lourde vérité d’une vie créée sur un tissu de mensonges. Je l’ai caché à beaucoup, et surtout à vous. Et à moment-là, alors que je tentais en vain de me raccrocher à cette vie pour finalement la fuir deux ans plus tard, elle était la seule a avoir pu entendre ma peine de l’intérieur, et le bruit de ce qui ne serait jamais plus pareil.

Cela tient aussi certainement à la peur de l’avoir perdue le jour où elle a failli mourir en s’étouffant, à un mois et demi de vie à peine, du souvenir de son petit corps presque froid et l’horreur qui m’a envahi avant que son papa ne la ramène à la vie.

Aujourd’hui, elle a 3 ans et a vécu déjà tellement de moments étranges et douloureux parfois que je m’étonne toujours de son calme et de sa douceur. Mais certainement est-ce parce qu’elle est, comme son frère et sa soeur, entourée de l’amour de ses parents, beaux-parents, grands-parents, amis, proches, ou même personnes de passage, et que c’est peut-être bien ça le plus important.

Parce que clairement, il est impossible de rester de marbre face à ce joli minois aussi trognon que perpétuellement sale. Elle a le don de faire sourire, de se faire aimer au premier regard et de casser les carapaces et les barrières émotionnelles les plus difficiles à percer, à faire entrer la lumière dans tous les coeurs.

Et puis elle a mes yeux. Ainsi qu’un morceau de mon âme qu’elle garde bien précieusement. à ma fille lumière. Mon bébé. Ma petite dernière à jamais.

Tatiana