Dans la vie d’une mère séparée, la chose la plus difficile, c’est d’apprendre à vivre sans ses petits, les semaines sans enfants. Oui, même lorsque l’on est à l’origine de la fin de ce couple que l’on formait avec le père de nos enfants. Parce qu’honnêtement, on digère bien plus facilement que l’on ne pouvait le penser la fin d’une relation amoureuse. Ce dont on a plus de mal, c’est partager ces enfants qui sont les nôtres, mais qui sont aussi les siens.

Alors on lutte, on couine, on chouine, on pleure, on se meurt de chaque jour, de chaque heure que l’on passe sans eux. Sans nos enfants, sans notre sang. C’est difficile, insoutenable parfois. On cherche alors du réconfort chez l’une, chez l’autre, chez ces mamans qui comme nous ne sont plus avec le père de leurs enfants, vivant définitivement la maternité en alternance. On écoute leurs témoignages, on prend leurs conseils comme une bouée de sauvetage.

Et puis un jour, après un certain temps, on décide que ça va le faire malgré tout, même si ça pique un peu dans les tripes. On décide qu’il faut être heureux pour guérir un jour, et qu’il est primordial pour nous mais aussi pour nos enfants de voir le positif dans chaque situation. Qu’il faut prendre le meilleur des deux mondes.

Le meilleur des deux mondes

Alors on vit au rythme d’une semaine sur deux. Une semaine pour la famille et pour eux. Pour vivre une vie de famille, recomposée, complexifiée, mais qui ne demande qu’à être apprivoisée. Et ensuite une semaine pour nous, pour soi, pour un couple si nouveau, et qui a encore tout à vivre et à construire.

On profite de tous les moments en famille que la vie nous offre, intensément. On organise des excursions, des sorties, des escapades, des virées tous ensemble, pour se faire exploser le cerveau et le coeur de jolis souvenirs. Et lorsque vient le temps de l’autre parent, on lâche nos enfants, certes avec l’émotion qui vous monte à l’oeil, mais en se disant que les moments qu’ils vont vivre dans leur autre foyer est tout aussi important que ceux qu’ils ont vécu avec nous.

Oui, on s’y fait. Pas totalement, mais presque.

Et ces semaines-là, on vit pour soi. On ne les oublie pas. Jamais. Mais on fait ressortir de la boite la femme et on range la mère,qui, elle, a eu son moment, sa semaine, pour materner. On sort, on danse, on va voir des expos, on organise des week-ends sans enfants, on fait des afters-work en semaine sans culpabiliser, sans devoir se soucier de quoi que ce soit (ou presque). Et finalement, on y trouve des avantages.

On vit dans des cases, on met sa maternité dans un tiroir la semaine où ils sont chez leur papa. Mais ce n’est que pour mieux la ressortir quelques jours plus tard, lorsque revient, enfin, le temps pour nous de récuperer nos enfants.

(les jolis looks viennent de chez Tape à l’oeil)

Tatiana