Facebook, c’est un peu ma vie. Ce n’est pas glorieux à dire, mais c’est la vérité. Dans mon travail, pour le blog ou pour le loisirs, les réseaux sociaux sont devenus mon quotidien. Et n’en déplaise à certains, j’adore ça! J’adore quand j’y découvre des informations tantôt drôles, tantôt intéressantes, tantôt mignonnes. Quand j’y écris ou y partage ma vie, un billet personnel, quand je partage un nouvel article étant le fruit de mes recherches, et que je sais qu’au bout de la chaine, une maman le lira et y apprendra quelque chose. Mais ces derniers temps, Facebook est devenu pour un peu difficile à lire pour moi. Parce que ce réseau social, ou plus exactement les gens qui l’utilisent, se sentent apparement un peu trop pousser des ailes et ont la critique vraiment facile l’été venu. Et ça me gave.

Je m’explique

L’été bien présent (même dans la contrée nordiste qu’est ma Belgique natale) nous pousse tous et toutes à nous habiller plus légèrement. Du coup, c’est la fête du short, de la robe, du cuissot à l’air, des épaules dénudées et t-shirt légers. Et bordel, c’est trop bon! Mais apparement tu vois, il faut être aussi parfaite qu’Emily Ratajkowski pour OSER aérer ton cuissot, sous peine de te faire insulter, au choix, de grosse vache ou de fil de fer anorexique par les gens.

( Petit cul et formes, poitrine généreuse. ouais meuf, y a du level)

Je ne parle pas de moi personnellement, mais de ce que j’ai lu il y a peu. Cas concrets: Je suis inscrite dans un groupe où des femmes d’un peu partout partagent leurs avis, demandent des conseils…  Il y a peu, une jeune femme, de corpulence tout à fait normale, est venue se confier sur ses complexes et disant qu’elle n’osait plus se mettre en short depuis que deux jeunes filles aient passé à peu près une après-midi à se foutre de ses “grosses” cuisses en short, et qu’elle devrait avoir honte de se promener comme ça. Bref, la fille serait trop grosse et devrait franchement aller se cacher sous des pantalons. O.K.

Il y a aussi eu cette photo d’une représentante politique Croate à la plage, qui a été, comment dire… définie comme vulgaire parce qu’elle a osé porter des bikinis assez sexys. Et puis il y eu cette polémique, venant de la charmante Maria Del Rio, animatrice télé sur RTL et radio sur Radio Contact, qui s’est vue affublée de messages désobligeants sur son corps “trop mince” suite à une photo où elle parlait, à la base, de sa robe d’été. Bref, la meuf est trop mince, et ça emmerde les gens.

Et des exemples comme ceux-ci, j’en lis chaque jour pour le moment…

( Des commentaires sympathiques du style : “Maria, il faut te remplumer un peu”, “Trop maigre Maria……pas vraiment joli”, “On mange pas gras chez Maria, il faudra sortir les semelles de plomb par grand vent”, ou encore mon préféré “Trop maigre, donnez lui a manger Putain!!!! Ça ne paie pas assez chez radio contact ou bien???”)

Mais il y a un truc qui me choque vraiment

Alors oui, ça me choque. Un peu parce que des gens osent critiquer d’autres personnes tranquillement derrière leur écran, mais je sais pour y vivre depuis un moment qu’Internet n’est pas un monde de bisounours. Là où je suis le plus choquée, c’est que la plupart du temps, ce sont des femmes qui humilient (oui, on parle d’humiliation, c’est le bon terme) d’autres femmes, qui critiquent ouvertement le corps féminin d’une autre.

Donc, si je résume bien, à l’heure où on passe notre temps à essayer de faire évoluer le féminisme, où l’on parle partout de body positive, à s’aimer et s’accepter, et à sortir enfin du regard des hommes qui nous prennent pour des bouts de viandes ( ils ne sont pas tous comme ça, mais oui certains voient la femme comme des objets, encore en 2018), où l’on tente d’éduquer nos filles à être fières d’elles et à s’aimer, les femmes sont pourtant toujours les premières à se critiquer entre elles. Bien bien. WTF.

Après, je ne vais pas jouer les saintes nitouches, j’ai moi-même perdu 47kg et je suis passée par la case chirurgie réparatrice pour mon ventre et mes seins, je ne m’en cache pas. On pourrait dire que je me fous de la gueule des gens, je pense plutôt que je suis très bien placée pour parler de ce sujet. Parce que lorsque j’ai pris la décision de faire ce que j’ai fait, je l’ai fait pour moi, pour ma santé et parce que je ne m’aimais pas. Parce que l’image que je me faisais de moi n’était pas raccord avec mon miroir. Et sérieusement, je suis loin, très loin (à des années lumières), d’avoir le corps parfait. Mais mon corps correspond à ce que je suis. Il raconte mon histoire et explique qui y vit à l’intérieur.

Mais apparement, cela ne suffit pas d’essayer de se sentir bien dans son corps, il faudrait, en plus, avoir l’approbation des autres pour porter ce que l’on veut sans se faire lyncher. Il n’y a que moi que ça choque ou bien?

 Jugement ou jalousie?

Et puis je me suis posée une question: et si ces gens qui critiquaient plus que de raison les autres … étaient en réalité jaloux? Oui oui, jaloux. Jaloux de l’assurance qu’ont les autres à assumer leur corps, à prendre du plaisir à mettre un short, une robe, un petit haut à faire du monokini et se trouver jolie, mais surtout s’en foutent de leurs défauts et vivent heureux.

Et si le body shaming que je voyais un peu trop pour le moment était juste la preuve que les gens qui se sentent mal dans leur corps ont en fait du mal avec LEUR image? Oui, à tel point qu’ils en viennent à ne pas supporter ceux qui sortent, d’une manière ou d’une autre, du clivage corporel imposé (en théorie) par la société. ( nom de dieu cette phrase est beaucoup trop sérieuse).

Et si les messages désobligeants sous les photos étaient autant de personnes qui eux, n’osent pas faire ce qu’il faut pour s’aimer et mettre ce qu’ils veulent sans se soucier du regard des gens, afin de se sentir libres, simplement.

Ce n’est que mon avis bien entendu, mais ça ne me semble pas si con…

Alors on pense à soi et on envoie les autres à la gare

Alors, je dis ça comme ça, mais il est peut-être temps d’être heureux les gars, de kiffer la vie, de se faire plaisir et d’arrêter de regarder le bout de gras qui dépasse du t-shirt des autres pour se sentir un peu bien dans sa peau. Parce que tu sais quoi? La taille 36 de l’une ne rendra pas ton 42 plus large ou plus étroit et la cellulite de ta voisine n’effacera pas la tienne.

Alors allons bien se faire voir les gens aigris qui cherchent les complexes des autres pour se sentir mieux dans leur peau et dans leur petite vie, et mettons-nous en short ou en bikini si ça nous change.

 

Signé: une mère en short

Tatiana