Je m’étais promis de ne plus jamais retomber dans le piège du mariage, avec son concept all-in “enfants, maison à la barrière blanche et chien dans le jardin” que nous vend la société et qui, selon mon expérience, était surtout une vaste blague, voire un complot intergalactique mené pour que les femmes s’enferment dans un rôle étriqué et  ferment les yeux sur une réalité bien morose pendant que les maris, eux, se donnaient la liberté de faire absolument ce qu’ils voulaient, tout en ayant la couverture du mec sous tout rapport sous prétexte qu’ils bossent et donnent à manger à leur famille.

J’avais juré sur la tête de toutes les mères, les pères et les enfants que plus jamais on ne me remettrait la bague au doigt. Que j’étais la meuf libre et indépendante que j’avais toujours rêvé d’être, enfin épanouie dans sa vie personnelle, professionnelle et amoureuse grâce, en partie, à des choix de vie certes difficile à prendre, ainsi qu’à cette liberté annulaire fraîchement retrouvée.

Mère, femme et amante, sans souci. Mais épouse, plus jamais !!!!

Je l’ai dit, répété et affirmé: je ne serais plus JAMAIS la femme de personne. JAMAIS. NEVER.

Et puis il y a eu lui. Son sourire, et la manière dont il a de rire bruyamment. Ses yeux rieurs et son humour improbable. Sa manière enivrante dont il a de me regarder et mon corps qui bouillonne sous ses mains. La facilité déconcertante qu’il a de me rendre le sourire lorsque la journée à été difficile. Son comportement excentrique, ses émotions qui débordent constamment et sa barbe folle.

Son implication incroyable dans le rôle de beau-père, qu’il a presque instantanément enfilé le jour où nous avons décidé d’être un couple. Sa manière dont il a de m’aimer, de me le dire et de me le prouver. Son honnêteté et sa façon de me redonner confiance, petit à petit, en l’homme et en l’amour. Sa féminité assurée sous sa masculinité affirmée. Son assurance, sa force et sa faiblesse qui s’entremêlent et s’entrechoquent dans une danse enthousiasmante.

Ses rides d’expression incroyablement sensuelles et ses fesses rebondies qui me font frétiller. Sa niak explosive et communicative, sa bonne humeur et sa bipolarité. Son côté maladroit et sa douceur extrême. Sa folie et ses envies de toujours plus, toujours mieux. Sa rigueur et sa procrastination.

Lui.

Lui, qui il a détruit tous les murs que je m’étais construit pendant de nombreuses années afin d’être moins moi et plus comme on voulait que je sois. Lui, qui m’a regardé telle que j’étais vraiment et qui à découvert ce que je ne montrais plus jamais à personne. Celui qui a vu le fond de mon âme, écouté mon histoire, mes bonheurs et mes cicatrices.

A son contact, je suis enfin (re)devenue celle que j’étais, et j’ai découvert un monde bien différent que celui que j’imaginais. Il a mis de la lumière dans ma vision bien trop sombre de la vie. Il a mis des couleurs dans mon quotidien de femme et de mère.

Alors lorsqu’il m’a demandé de devenir sa femme et de porter son nom, je ne vous cacherais pas que j’ai eu peur. Genre vraiment. Peur de prendre la mauvaise décision, de souffrir à nouveau, de me fourvoyer en envoyant valser la promesse que je m’étais faite de ne plus jamais porter le nom d’un homme.

Et puis j’ai dit oui

Je lui ai dit oui. Parce que finalement, si j’ai tout quitté, c’était pour être ENFIN heureuse, et que je ne pouvais pas m’arrêter en si bon chemin. Que le bonheur était là, enfin, et que j’avais toutes les raisons de croire à un happy end. Que même si je sais que la vie est loin d’être facile, vivre un tel amour est assez rare pour que je refuse de passer à côté.

Alors je lui dirai oui. Entourée de nos familles, de nos amis et, surtout, de nos enfants. Pour le meilleur et pour le pire, mais surtout parce que je suis certaine que nous vivrons une vie parfaitement imparfaite et merveilleuse l’un à côté de l’autre, à deux,  mais aussi à six, et que notre amour est aujourd’hui assez fort pour affronter les années.

Et que même si je me plante totalement, si nous deux se termine un jour par un échec cuisant, et bien j’aurais aimé, essayé et vécu vraiment. Et que finalement, c’est bien ça le plus important.

Tatiana