Tu l’as peut être remarqué, toi qui me suis depuis quelques mois ou quelques années, mais je suis, on peut le dire, passée de la meuf complément agitée, râlant avec humour, ou pas parfois, sur à peu près tout (mais surtout sur mes gosses et ma condition de mère), à une femme plus calme, que rien ne semble atteindre ou presque, du moins en apparence. Tu te demandes peut-être quelle drogue est-ce que je prends pour avoir réussi à anesthésier la tornade qui grondait en moi. Je vais donc te lâcher un scoop: je n’ai jamais pris aucunes substances illicites de ma life.

Promis, jamais. Je pourrais presque faire figure d’icône biblique…. enfin, en ce qui concerne les drogues (pour le reste, je fais appel à mon joker). Ecartons donc de suite la théorie de la mère shootée. Mais qu’est-il donc arrivé alors? Et bien, en vérité, j’ai appris le lâcher-prise. Oui, le truc des bobos complètement cons qui t’invitent à voir le positif en toute chose. Et je suis parfaitement sérieuse.

Pourquoi ai-je adhéré (enfin) au lâcher-prise?

Je vais être cash avec toi: pour ma survie. Pour vivre la vie, une bonne fois pour toute, sans en être la victime. Et pour me préserver des gens, mais aussi de moi-même. ref, pour ne plus être attachée à des attentes, qu’elles viennent de moi ou des autres, et prendre la vie comme elle vient. Et depuis, et bien je revis. Au sens propre du terme, mais aussi au sens figuré, ou spirituel.

C’était comment avant le lâcher-prise?

Avant, je l’ai dit plus haut, ben c’était vraiment pas facile tous les jours: jamais contente, toujours à râler, à vouloir plus, mieux, differemment, autre chose, à s’imaginer l’herbe plus verte ailleurs et à vouloir que les gens agissent en fonction. Pourquoi? Et bien pour differentes raisons, et pas uniquement parce que je suis une meuf capricieuse. Parce que je ne me sentais pas en accord avec moi-même, et que je ressentais le très grand sentiment qu’un truc clochait dans ma vie, mais aussi (et surtout) parce que ma réalité et ce que la société m’avait vendu de base étaient diamétralement opposées. Et ça me rendait dingue.

Et puis la vie

J’ai tenu la barre de ma vie contre vents et marées, au lieu de laisser les choses aller. Parce qu’il faut se battre, à ce que l’on dit. Parce que la vie est une dure lutte. Et finalement, cette propension que j’avais à me battre pour tout m’aura valu un burn out professionnel, une vie de famille chaotique et une sensation de ne jamais profiter de rien, de ne pas vivre vraiment. Et un jour, j’ai lâché prise sur tout. Ou plutôt, le lâcher-prise est venu à moi, et j’ai lâché la barre de mon navire, qui s’est alors écrasé sur les récifs. J’ai dit merde à tous ces impératifs societaux qui m’incombaient en tant que femme. Et même si personne n’a compris pourquoi je le faisais, bizarrement, et alors que tout semblait perdu, j’avais l’étrange sentiment que tout commençait, enfin.

Pendant toute une période, j’ai donc laissé aller les choses. Je ne me suis plus battue pour rien, j’ai juste accepté ce qu’il est, et ce qui devait être depuis longtemps. Je me suis alors retrouvée face à moi-même, hors de ma zone de confort, avec tous mes bloquages et mes démons. Ça m’a mis des claques, mais c’était bon, finalement. Alors je ne vais rien te cacher hein, je me suis faites traitée d’égoïste, d’égo-centrée et de “je-m’en-foutiste”, pour la simple et bonne raison que j’arrêtais de me battre et que je laissais les choses se faire, mais à l’intérieur de moi, je ne m’étais jamais sentie aussi sereine et alignée. Alors le lâcher-prise est devenu ma religion.

Depuis, la vie n’est pas plus facile, bien au contraire. Mais elle est plus fluide, logique, naturelle même. En résumé, ce qui doit être est, et ce qui ne doit plus ne l’est plus, en toute simplicité depuis que j’ai intégré ce mantra de lâcher-prise. Mais le lâcher-prise, c’est quoi au juste?

Le lâcher-prise en trois étapes

1. L’acceptation de soi

Le lâcher-prise nous pousse à nous voir tel que nous sommes: avec nos qualités et nos défauts, mais aussi avec nos passions, nos peurs, nos limites et notre réalité, mais sans jugements. Pas de bien et de mal, juste une évidence de ce que nous sommes. Mais à quoi cela sert exactement? Cela sert à nous connaître, à savoir qui nous sommes et comment vous fonctionnons. Nous accepter sans jugements nous permet de nous respecter.

Cela sera une balise pour prendre des décisions, dire oui ou non à telle ou telle situation, à telle ou telle proposition, à telle ou telle personne. Et surtout, cela évite de s’engouffrer dans des situations, voire des vies qui ne nous correspondent pas, ou plus. C’est un grand pas qui demande cependant de mettre à terre nos croyances et nos éducations parfois, concernant notre rôle dans la société, mais qui nous aide à privilégier nos envies profondes et nos inspirations plutôt que les diktats sociétaux. Un truc pas vraiment simple, je te l’accorde, mais oh combien libérateur une fois que tu y arrives ( par contre le chemin pour y arriver secoue pas mal hein).

2. L’acception des autres

Une fois que tu t’es bien accepté toi (ce qui est déjà un gros gros boulot en soi), il va falloir faire un pas de plus: accepter les autres, tels qu’ils sont. Et là ça devient balèze. Parce qu’accepter les autres c’est franchement pas simple tous les jours. Mais c’est super important. Tu sais pourquoi? Parce que les gens, tu ne les changeras pas; ils sont comme ils sont. Et le lâcher-prise te dit que tu n’as pas à les changer. Non. Alors l’idée, c’est d’accepter les gens comme ils sont avec leurs qualités, leurs défauts, leurs limites et leurs croyances, leurs peurs et leurs passions.

Là où c’est difficile, c’est que toi tu as des attentes envers ces gens qui t’entourent, et que tu les voudraient dans ta vie alors que parfois, leurs croyances sont diamétralement opposées aux tiennes. Le lâcher-prise t’apprend à ne plus avoir d’attentes envers les autres, ou moins. Ne t’attends pas que ton collègue soit moins bordélique, que ton ex soit moins psycho-rigide, que ton frère t’appelle plus souvent. L’idée, c’est de faire en fonction de ce qu’ils sont, et de les accepter en tant qu’être humain, dans les différences, et de faire tes choix en fonction. Attention, cela ne veut pas dire de faire les choses à la place des autres, non, ou de t’oublier. Mais, par exemple, cela t’apprends à arrêter de râler parce que le bureau est en bazar et attendre en vain que ton collègue le range (chose dont il est incapable vu qu’il est bordelique). Du coup, soit tu prends la décision de le faire toi-même parce que le bordel te hérisse le poil, soit tu acceptes qu’il restera comme ça, étant donné que cette chose importante pour toi ne l’est pas pour l’autre. Bref, il faut accepter l’autre dans sa différence.

L’acception des situations issues de soi et des autres

Une fois que tu as accepté ta personne et celle des autres, et bien cela débloque beaucoup de choses: tu te sens désormais en pleine conscience, libre de ce que tu es. Et petit à petit, tu te sentiras libre d’accepter, ou pas, certaines situations, personnes dans ta vie, selon qui y sont, ce qu’ils t’apportent et ce que tu leur apportes, leurs croyances…. Parce que le lâcher-prise, à terme, t’invite au bien-être et donc, quelque part, au bonheur. Si ton boulot ne te plait pas et t’amène uniquement du négatif, soit tu iras au boulot avec désormais la conscience qu’il ne te plait pas mais qu’il paie tes facture et que là, maintenant, c’est ton importance, ou tu choisiras de changer de job. Mais tu auras un poids en moins, normalement, une fois que tu auras lâché l’emprise qu’a cette situation sur toi.

Est-ce aussi simple que ça? Oui, une fois qu’on est dans le lâcher-prise. Mais y arriver peut être très compliqué, voire violent. Il faut eteindre son cerveau et écouter son coeur, son instinct ou, comme on le dit souvent, sa petite voix intérieure, ce qui est très difficile, vu que l’on a généralement oublié depuis longtemps comment s’écouter.

Et surtout, après, il faut assumer les conséquences des actes et des choix pris suite au lâcher-prise. Mais ce que je crois par contre, c’est que tenir bon, et se faire souffrance contre un truc qui ne te convient pas est encore plus violent que de se laisser porter par le courant. Parce que la vie, si on accepte de lâcher nos peurs et nos croyances limitantes, nous amène souvent là où on doit aller, pour être totalement en accord avec qui on doit être et avec la mission que l’on a dans la vie.

Attention, lâcher-prise ne veut pas non plus dire que tu laisses couler tout non, que tu laisses aller et que Dieu tout puissant fera tout pour toi, parce que là tu seras genre bien bien mal, et même que tu risques des problèmes ( ne pas aller bosser en espérant que Dieu t’amène du fric, par exemple, c’est pas le bon plan). Mais il faut choisir ses batailles, et les bonnes batailles, celles qui nous animent, nous correspondent, nous parlent. Mais lâcher prise va t’aider à passer au dessus des erreurs, du passé,des croyances et accepter, pardonner… pour être heureux.

Bref, le lâcher-prise, c’est vraiment un bon gros truc de bobo. Mais c’est peut-être la clé du bonheur.

Tatiana