Cela fait un moment maintenant que je suis sur les réseaux sociaux pour raconter mon tout et mon rien. En bonne blogueuse de l’âge de pierre que je suis, j’ai commencé à partager tout ça sur Facebook, pour peu à peu, et surtout après la naissance de ma dernière, m’aventurer sur Instagram. Et si au début, Instagram était que qu’il annonçait être (c’est-à-dire une plateforme pour partager de clichés instantanés), il est petit à petit devenu TOUT sauf quelque chose de spontané.

Toutes les photos (ou presque) que je vois (et que je like) sont calculées, retravaillées, léchées, millimétrées même. Et pour être honnête avec vous, si j’ai du mal à savoir comment on en est arrivé là, je me demande surtout comment font tous ces gens, anonymes ou Instagrameurs, pour réussir à publier des photos si parfaites.

Au cœur de mes interrogations, les mères de familles

Forcément, je suis énormément de mamans sur les réseaux sociaux. Toutes sortes de mamans: Des mères de familles nombreuses, des mamans d’enfants uniques, des mères de familles recomposées, des mamans solos, des workingmums, des mères au foyer, des célébrités… Bref, un gros panel de mères modernes. Et quand je vois sur leur compte des photos parfaitement léchées, je ne peux pas m’empêcher de me questionner. “Mais bordel, comment font-elles?”

Nan parce que tu vois, quand je vois leurs gamins tout blonds, aux chemises bien repassées, sans une seule trace de chocolat sur la joue (sauf si c’est tellement chou que cela en devient instagramable of course), qui jouent tranquillement et apprennent le japonais, je me demande si je ne suis pas dans la quatrième dimension. Cela va sans dire, la maison de ces mamans-là est toujours parfaitement rangée, et tellement bien décorée que l’on a l’impression qu’elles ont épousé un Suédois. Elles ont une cuisine hyper-vintage MAIS toujours de bon goût, et elles y cuisinent heatlhy et zéro déchets jusqu’à en bouffer le fâne du panais. Leurs toilettes sont encore plus nickel que les nouvelles dents de Didier Deschamps, et ne parlons pas de la lumière parfaite de leur appartement à 7h du matin, même en hiver ou de la tête incroyable qu’elles ont au réveil. Bref, the perfect Little word.

Et franchement je ne vois COMMENT elles font, qui elles sont et où elles se cachent. Parce que tu vois, les mamans que je côtoie ne sont pas comme ça. Mais genre aucune tu vois! Prenons mon exemple (quitte à me démonter totalement vu que je fais très souvent en sorte de vous partager surtout des choses positives et des moments heureux), lorsque je tente de partager certains moments de ma vie en photo, il y a toujours bien une paire de chaussures qui traine, un manteau posé sur l’escalier, un gamin qui bouge et qui rend le cliché flou ou chelou. Sur les photos où mes enfants sont (en partie, puisque je ne les affiche plus totalement sur les réseaux depuis un moment maintenant), ils y sont constamment mal coiffés ou un peu débraillés, à moins qu’ils ne se soient totalement dégueulassés sept minutes environ après s’être changé. Si je dois partager des photos de ma salle de bain, pas de bain moussant remplis de fleurs séchées, mais une baignoire entourée par les brosses à dents, un ironman tout-terrain et la manne à linge qui déborde toujours un peu. Bref, la vie normale d’une famille presque normale (oui, presque). Et soyons clair, je ne suis pas particulièrement bordélique (l’inverse n’est pas vrai non plus, on est d’accord), et autour de moi, toutes les mamans que je côtoie ont le même style de vie, d’intérieur et de photos dans le cloud de leur portable, loin des clichés Instagramables bobos à la lumière dorée.

Mais alors, où est le vrai dans tout ça?

On peut donc se poser cette question presque existentielle dont tout le monde se fout un peu, mais qui est cela dit censée, vu l’incroyable puissance des images véhiculées par les influenceurs (donc je fais partie) sur le mental des gens (et particulièrement les femmes) qui peuvent, en tentant de s’identifier à leurs instagrameuses préférées, se sentir trop nulles d’avoir enfourné une lasagne congelée à 19h30 en guise de repas, dont l’emballage mettra environ 7629 ans à se dégrader alors qu’elles ont vu passer deux heures plus tôt la superbe photo d’une quiche aux légumes d’hiver, dont la pâte, faite maison bien entendu, a été fabriquée à base de farine de quinoa enrichie aux oméga 3. (oui, la phrase est très longue mais tu peux respirer maintenant)

Où est le vrai? La réalité? Le quotidien? La vérité je vais vous la dire, c’est que ces photos, parfaitement parfaites, prennent des heures de travail. Stylisme de l’endroit, choix du décor, photos prises 187 fois en moyenne et surtout des heures passées sur des programmes spécialisés afin de la rendre parfaitement Instramable. Et ta quiche au quinoa, après tout ce boulot ben tu sais quoi? Et bien ça se bouffe froid. Les photos d’Instagram, aujourd’hui elles sont comme les modèles des magazines, complètement retouchées et à mille lieux de la réalité. Alors ce soir, quand tu iras te coucher, tu repenseras à ce que tu viens de lire. Surtout quand tu mettras tes gamins au lit dans leurs chambres d’enfants pas parfaites et certainement un peu en bordel, ou quand tu iras profiter d’un bain bien chaud dans ta salle de bain remplie de jouets de bébé, parce que la plus parfaite des Instagrammeuse vit aussi cette vie-là, sauf que ça, elle ne te le montre pas.

Tatiana