Deux ans. Voilà près de deux ans que ma vie de mère à changé. Il y a deux ans, j’ai pris la décision de mettre fin à une relation aussi étrange qu’intense avec le père de mes enfants. Et depuis, tout est différent. Eux, moi, nous. L’ADN de notre famille s’est vue modifiée. De cinq, on est passé à quatre, puis à six en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Ma vision de la maternité s’est vue boursulée, et leur quotidien a basculé. Deux ans plus tard, Qu’en est-il de nous?

De leur côté

Deux ans plus tard, ils ont beaucoup grandit. Ils n’ont pas toujours compris pourquoi tout ça. Ils vont tantôt très bien, s’appropriant cette situation comme s’il en avait toujours été ainsi, tantôt bien plus mal, nous remettant dans la tronche leurs excès de nostalgie bien légitimes. Ils ont tissés des liens avec leurs “nouvelles” familles recomposées, crient encore haut et fort que leurs parents sont séparés comme pour exorciser la situation et la douleur, aiment fêter noël et leurs anniversaires deux fois, n’aiment pas vraiment de ne pouvoir voir papa et maman en même temps. Ils posent toujours des questions, mais moins. Je leur réponds toujours autant, mais je leur propose aujourd’hui de continuer le chemin sans trop se pencher sur le passé, et de voir le positif de cette nouvelle vie animée plutôt que de s’arrêter sur la tristesse d’un passé idéalisé. Ils ont aussi appris que la vie n’était pas qu’une famille faite d’un papa et une maman, et à composer avec cette réalité, bien malgré eux.

Du mien

De mon côté, je vous avoue n’avoir jamais tant pris conscience de ma position de mère que depuis cette décision. Par là, j’ai pris une conscience absolue que les moindres des mes faits et gestes avaient un impact sur mes enfants. Et que je leur devais, à eux bien plus qu’à moi, d’être une personne stable et équilibrée (autant que faire se peut, n’exagérons pas dans la normalité). J’ai compris que ma capacité ou justement mon incapacité à prendre des décisions, en tant que femme et en tant que mère, les impliqueraient. Que mes choix seraient un exemple ou, au contraire, un contre-exemple pour leur futur et la manière dont ils se construiront. Depuis, je réfléchis à tout ce que je décide. Et j’ai décidé d’avancer, de construire et de leur montrer que le bonheur est présent partout. Pour leur apporter toute la positivité et toute la stabilité que je n’avais pu leur offrir en étant avec leur père, mais aussi pour leur montrer que rien n’est jamais perdu tant que l’on à la force d’y croire, que l’échec n’existe pas, et qu’il n’y a que des apprentissages. Que la vie n’est pas quelque chose de figé ou de définitif.

Pour être honnête avec vous, je ne sais toujours pas si ce changement si radical était une vraie bonne décision, mais je sais par contre qu’en finir avec les faux-semblants était la seule vraie bonne chose que j’ai pu faire de ma vie. Pour moi certes, mais aussi pour eux. Pour qu’ils n’aient pas comme exemple une mère qui fait semblant d’être quelqu’un que l’on lui a demandé d’être, mais une personne qui est telle qu’elle vraiment, sans fards ni mensonges. Et puis, comme on me l’a souvent dit: “qu’importe le chemin que l’on empreinte, c’est à l’arrivée que l’on remet les médailles”. Il me reste donc à faire avec ma vérité et voir ce que l’avenir nous réserve.

Et depuis…

Depuis tout ça, on a radicalement changé de philosophie de vie. J’ai compris combien ils étaient précieux (oui, c’est dommage de faire ce constat à ce moment, mais ma réalité est celle-là). Et on fait désormais en sorte que le temps que l’on passe ensemble compte double, que la qualité de nos moments soit une chose plus importante que la quantité. Je profite d’être avec eux, vraiment. On essaie d’éviter de se coucher fâchés, je n’écourte pas les câlins du soir, on prend bien plus de bon temps qu’avant, on tente de plus se comprendre, de se parler, d’échanger.  On a appris à composer avec les réalités de la famille recomposée, et à n’en prendre que les bénéfices. On fait beaucoup d’activités en famille: cinéma, resto, promenade… pour avoir au moins un bon souvenir par semaine. Alors même si le temps que l’on a ensemble à diminué de moitié, on fait en sorte qu’il soit deux fois plus joli qu’avant, pour compenser. Mais deux ans plus tard, on est toujours une famille. Une famille différente, mais une famille quand même. Et c’est finalement le plus important.

 

                    

                    

Edit: mes enfants sont habillés dans la collection printemps de Tape à l’œil.

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Tatiana