“Chère maman débordée, je te suis depuis longtemps et j’adore ce que tu partages. Aujourd’hui, je t’envoie ce message pour avoir tes conseils. Je me sépare du père de mes enfants et je voulais savoir comment tu avais eu la force de reconstruire une deuxième vie”. Ce genre de messages, j’en reçois très régulièrement. Pas tous les jours, mais presque. Je vous l’avoue, je n’y réponds pas toujours. Pas par snobisme, mais parce que ma vie assez folle ne me permet pas de prendre le temps de vous répondre à toutes personnellement. Mais aujourd’hui, je vais tenter de vous répondre à vous toutes.

Chère maman qui se sépare. Je ne peux que trop comprendre ce que tu vis. Et pour cause, je l’ai vécu il y a presque trois ans. Si peu de temps, et tellement en même temps. Je sais les sentiments mélangés, l’envie de hurler, la défaite ressentie, la honte aussi, mais aussi les doutes, l’envie d’être vite demain et hier en même temps. Ce besoin viscéral de liberté et cette peur de l’inconnu, cette injustice ressentie quand on échoue à construire une “famille” sur le long terme. Sache qui toutes les femmes qui sont passées par là ressentent la même chose, ou presque. Peu importe que ce soit elle qui ait pris la décision de la fin de ce couple ou qu’elle subisse cette réalité. Toutes les mamans qui se séparent du père de leur(s) enfant(s) ont peur, sont tristes, doutent, se questionnent et stressent.

Mais je vais te dire une chose, chère maman qui se sépare: ce n’est ni le début, ni la fin de ta vie. C’est juste la suite, avec un chapitre qui se termine et un autre qui commence. Sera-t-elle meilleure? Peut-être pas non, mais certainement pas pire qu’elle l’est déjà. Et puis une chose est certaine: tu ne peux pas remonter le temps, ni revenir en arrière. Alors chère maman séparée, pleure un bon coup, craque pour ravaler tes larmes et lève la tête, regarde plus loin que le bout de ton nez.

Tu verras que tu as toute un chemin à arpenter et une vie à reconstruire, à zéro parfois. Tu vois, lorsque j’ai quitté le père de mes enfants, j’ai tout perdu: ma famille, un tas d’amis, ma maison et aussi mon job. Et si j’ai angoissé à mort au début, je me suis surtout dit: “ok, là c’est le moment parfait pour être tout ce que tu es au fond de toi”. Alors j’ai recréé une vie, différente en presque tous points à celle d’avant, et en même temps pareille sur certains aspects. Alors n’ai pas peur de regarder au fond de toi et de te demander non pas qui tu veux être, mais qui tu es vraiment. Pour être toi, à l’état brut.

Non, ça ne va pas être facile

Ne crois pas que je tente de te vendre du rêve, parce que je te dis de suite: ça va tanguer sévère. Il va falloir nager pour ne pas couler tout au fond. Marcher dans le désert et aller au-delà de tes limites parfois pour aller plus loin. Tu auras souvent des chaînes aux pieds (non, je ne parle pas de tes enfants même si la blague aurait pu être drôle, et des vieux dossiers qui te reviendront en pleine face parfois. Mais tout ça ne doit JAMAIS t’empêcher de continuer ton chemin de vie.

Parce que la vérité, c’est qu’on peut avoir deux vies dans une vie. Que l’on doit y croire, toujours. Vivre à pleins poumons et tenter d’être la plus alignée possible. Et si t’es pas sur le bon chemin, crois-moi, l’univers se fera un plaisir de te le faire savoir. Alors arrête d’avoir peur et écoute. Ecoute les signes du destin, apprends de tes erreurs, pardonne (surtout à toi) n’oublies pas d’oublier.

N’oublie pas d’oublier

Ne vis jamais aigrie, ne regarde pas derrière mais surtout droit devant. Oublie que tu as eu mal, que tu t’es trompée, que l’on t’a menti et ouvre-toi comme si jamais rien ne t’était arrivée. Sans pour autant tout effacer. Ne garde que les apprentissages, et pas la rancœur. Ne t’encombre pas de valises trop lourdes à porter, de souvenirs douloureux, de personnes qui t’empêchent de pointer vers la lumière. Fais en sorte que ta vie déjà assez compliquée soit la légère à porter possible. Et puis arrête un peu de te prendre pour mère Theresa et de vouloir sauver le monde, de dire oui à tout, et surtout aux personnes qui te tirent vers le fond. Sauve-toi toi. Fais en sorte de te faire du bien, de prendre soin de toi avant tout. De toi et de tes petits.

Et puis oui, ne nous voilons pas la face, tes enfants vont en souffrir de cette situation. Surtout au début. Et puis ils s’y feront, petit à petit. Et toi, tu vas devoir les quitter pour donner le droit de garde à leur père. Ce sera une immense déchirure au début, même si tu as choisi de divorcer. Et sache que tu en souffriras toujours, et pour toujours. Parfois même tu regretteras la vie d’avant (surtout quand tes enfants seront loin haha). Mais oui, tu apprécieras aussi ces moments de solitude, si déchirants pour ton cœur de mère mais si reposants pour ta vie de femme. Surtout profite de ces moments pour te poser, te faire plaisir, voir des gens si tu en as envie ou besoin, rester chez toi en pyjama si tu préfères, prendre un bon bain, un verre de vin ( ou la bouteille si tu veux, tu t’en fous tu n’as pas les enfants). Tu te sentiras en dessous de toi parfois de leur faire vivre ça, et ils ne manqueront pas de te le rappeler, mais sois forte et n’oublies pas d’avancer. Vis, prends des coups et relève-toi, pleure, souris, marche, danse, saute entre les gouttes. Parce que quand ils seront grands, ils se souviendront que leur maman s’est toujours relevée de tout et ils feront de même. Ils sauteront entre les gouttes de pluie.

Tatiana